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215 millions d’enfants travailleurs, violence armée, sauvegarde des savoirs traditionnels, profiling mobile

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée au travail des enfants, aux victimes des violences armées, à la création d’un institut pour la sauvegarde des savoirs traditionnels, à la biodiversité et à un nouveau système de ciblage comportemental à partir des téléphones portables.

Child gemstone workers - Photo : The National Labor Commitee

Child gemstone workers - Photo : The National Labor Commitee

215 millions d’enfants travaillent dans le monde

Le Bureau international du travail (BIT) a rendu public un rapport quadriennal dans lequel il s’inquiète du relâchement des efforts déployés pour éradiquer les pires formes de travail des enfants. Le monde est passé de 222 à 215 millions de travailleurs enfants, soit une baisse de 3% seulement entre 2004 et 2008, un rythme beaucoup trop lent. Sur les 215 millions d’enfants qui travaillent encore aujourd’hui, 115 millions sont exposés à des «travaux dangereux», un qualificatif utilisé pour évoquer les pires formes de travail.

Le rapport montre des situations contrastées selon les régions, le sexe et l’âge des enfants : Le travail des enfants diminue en Asie, dans le Pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, alors qu’il continue d’augmenter en Afrique subsaharienne, faisant même de cette région du monde la zone géographique où la proportion d’enfants qui travaillent est la plus forte, avec un enfant sur quatre. Les progrès ont été réalisés auprès des enfants âgés de 5 à 14 ans, où le nombre d’enfants au travail a baissé de 10% globalement et de 31% quand il s’agit de travaux dangereux. Le travail des filles dans cette tranche d’âge a également diminué de 15% par rapport à 2006. « En fait, l’essentiel du déclin mondial résulte de la réduction du nombre de filles impliquées », souligne Constance Thomas, directrice du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC). En revanche, le nombre de garçons âgés de 5 à 14 ans qui travaillent est en augmentation de 7%.  Et le chiffre prend des proportions alarmantes pour la tranche 15-17 ans, avec 62 millions d’adolescents au travail, contre 52 millions en 2006, soit une hausse d’environ 20%. Selon la directrice du programme à l’IPEC, l’Afrique reste l’un des défis majeurs de la lutte contre le travail des enfants, ainsi que la modernisation de l’agriculture, secteur d’activité qui emploie le plus grand nombre d’enfants et la lutte contre les formes dissimulées du travail des enfants, qui sont souvent les pires. Le travail des enfants prend sa racine dans la pauvreté. Pour Constance Thomas, la crise économique ne doit pas fournir d’excuse supplémentaire pour réduire les dépenses sociales telles que l’éducation et l’aide internationale, mais au contraire mobiliser contre le travail des enfants et pour leur scolarisation, vu comme un investissement propice au développement.

A l’occasion de la conférence mondiale sur le travail des enfants à La Haye en mai, lors de laquelle le rapport quadriennal du BIT a été présenté, les 450 délégués venus de 80 pays se sont mis d’accord sur une feuille de route qui vise à «augmenter de manière substantielle» les efforts mondiaux pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. (Lire l’article ici, voir la galerie photo ici)

Peace Sign - Photo : shortie

Peace Sign - Photo : shortie

2000 personnes meurent chaque jour de la violence armée dans le monde

Selon un responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Adam Rogers, 740 000 personnes meurent chaque année de la violence armée dans le monde, soit 2000 personnes par jour ! Les représentants de près de 60 pays assistant à la Conférence internationale sur la violence armée ont examiné les moyens concrets de l’endiguer. La violence armée remet en cause le développement de nombreux pays et plus généralement la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) définis par l’ONU en 2000. « Avec la quantité d’armes légères qui circulent dans les rues et entre les mains des gangs criminels, il devient de plus en plus difficile d’atteindre les objectifs humanitaires et de développement définis dans les OMD », a regretté Adam Rogers, lors d’une conférence de presse préparatoire à Genève. Environ 90% des décès dus à la violence armée surviennent dans les pays à bas et moyens revenus et a donc un impact dévastateur sur l’éducation, la santé et la lutte contre la pauvreté. Le Directeur adjoint du Bureau du PNUD pour la prévention des conflits et le rétablissement, Miguel Bermeo, prévient que « la crise financière globale plongera 90 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et le besoin de cibler les racines de la violence n’a jamais été aussi pressant ». Il souligne que le coût de la violence armée est de 163 milliards de dollars, « soit plus du total des dépenses de l’aide publique au développement ». (Lire l’article ici)

Biodiversité : Aucun pays n’a atteint les objectifs de 2002

En 2002, la communauté internationale s’était fixée pour objectif en 2010 une réduction de la perte de biodiversité et avait défini quinze indicateurs permettant de mesurer les évolutions de la biodiversité. Dans un rapport publié début mai, l’ONU indique que 10 d’entre ces indicateurs sont dans le rouge et qu’aucun des 110 pays ayant remis leurs rapports d’évaluation n’a atteint les objectifs. Plusieurs points de basculements ont été franchis. Cela signifie que certaines situations sont sur le point de devenir quasiment irréversibles, parmi lesquels les lacs d’eau douce gagnés par les algues et l’asphyxie, l’effondrement de plusieurs écosystèmes de massifs coralliens et le dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne.

L’ONU considère dans son rapport que les objectifs de 2002 ne sont pas atteints en raison notamment du manque d’engagement des gouvernements, mais souligne aussi cinq phénomènes accélérant la perte de diversité biologique : le changement de l’habitat, la surexploitation, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques. « Les écosystèmes sur lesquels reposent l’économie, l’agriculture, la vie (…) sont menacés d’une rapide dégradation, voire de disparition, si aucune action radicale n’est engagée pour les préserver », soulignent les auteurs du rapport. « Pour s’attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité, nous devons lui donner une priorité plus élevée dans tous les domaines de prise de décision et dans tous les secteurs économiques », explique Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU. (Lire les articles ici et ici)

Culture de riz en terrasse au Népal - Photo : francis deport

Culture de riz en terrasse au Népal - Photo : francis deport

Un Institut pour sauver les savoirs traditionnels

Un Institut pour préserver les savoirs traditionnels a été créé sous l’égide de l’UNESCO à Bagno a Ripoli, à l’est de Florence. L’institut ITKI [International Traditional Knowledge Institute] a pour mission de rassembler « les centaines de milliers de solutions anciennes et actuelles à la désertification, au manque d’eau, aux éboulements, au gaspillage de l’énergie » qui existent dans les sociétés traditionnelles et qui ont  souvent été abandonnées avec la révolution industrielle. Face au réchauffement climatique, ces techniques traditionnelles, – de captation de l’eau, de jardins sur les toits ou de tunnels drainants souterrains p.ex. – sont de nouveau d’actualité, car beaucoup moins coûteux que des équipements nouveaux. Pour l’institut, qui soutient l’énergie solaire, il ne s’agit pas d’opposer la tradition à la modernité, mais de les combiner de manière innovante pour « le développement d’un nouveau modèle de progrès humain ». (Lire l’article ici)

Mobile Phones - Photo : The Lightworkers

Mobile Phones - Photo : The Lightworkers

Profiler un possesseur de téléphone portable sur la base de ses déplacements quotidiens

Une équipe de spécialistes d’intelligence artificielle de l’université Columbia de New York a mis au point un système permettant de profiler un possesseur de téléphone portable en se basant exclusivement sur ses déplacements quotidiens. Après une période d’observation continue des mouvements d’un téléphone, le moteur d’intelligence artificielle saura si son propriétaire est un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, dépensier ou avare, diplômé ou non, nomade ou sédentaire, employé stable ou précaire… sans que celui-ci n’aura été soumis à aucun questionnement. Les chercheurs s’appuient sur une plateforme capable de recueillir l’ensemble des informations en provenance des portables, transmises via les antennes relais ou les puces GPS dont sont équipés les smartsphones. Ensuite, le moteur d’intelligence artificielle va analyser ces flux de données anonymisées, en déduire un ensemble de caractéristiques individuelles et les segmenter selon les catégories prédéfinies.

Les ingénieurs ont expérimenté leur système avec les données de mobilité de personnes dont ils connaissent déjà les caractéristiques et ont laissé le moteur d’intelligence artificielle établir des modèles de déplacements par catégories. Ensuite, avec les données appartenant à des personnes dont on ne sait rien, la machine effectue ses propres déductions statistiques, sans intervention humaine. « Par exemple, explique le directeur technique, notre système calcule l’âge d’un possesseur de mobile en se basant sur sa vitesse moyenne de déplacement. Les jeunes bougent vite, souvent et de façon imprévisible. Les plus âgés se déplacent de façon plus lente et plus régulière. Aucun ingénieur n’y avait pensé. » Le système serait capable de fournir des pourcentages statistiques sur les habitudes alimentaires de ses cibles, ou encore de déterminer si un consommateur aura tendance à rester fidèle à ses marques préférées, ou si au contraire, il sera capable d’en changer sur un coup de tête. Pour monétiser cette invention, une partie de l’équipe a créé une start-up baptisée Sense Networks. Ses premiers clients seront sans doute les agences de publicité et de marketing et les professionnels du commerce en ligne, qui rêvent depuis toujours de profiler les utilisateurs de portables pour leur envoyer des messages publicitaires personnalisés et des offres commerciales ultra-ciblées.

En France, ce type de systèmes, qui ne sont pas sans poser d’énormes problèmes néthiques, sont encadrés par la CNIL. Si les données sont traitées en France et si les messages commerciaux sont diffusés sur le territoire français, les sociétés exploitantes sont, en théorie, tenues de s’enregistrer auprès de la CNIL. Mais lorsqu’il s’agit d’entreprises étrangères, la CNIL n’a pas les moyens concrets de les contraindre. (Lire l’article ici)

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En parallèle à une dénonciation des problèmes qui se posent à l’humanité, il faudrait aussi accès l’effort de l’information sous un autre angle. Tenter de changer le regard de l’humain. Sensibiliser les consciences sur nos responsabilités d’humains, non seulement pour les générations futures, mais aussi, sur notre responsabilité envers cette planète. Mettre en avant le rôle de régulateur de la nature, qui devrait être le notre, cela pour préserver l’écosystème. C’est à dire la vie ! Chercher à changer le regard de chacun sur ce que nous sommes réellement. Nous sommes totalement dépendant de cette planète. Malheureusement cette prise de conscience n’est comprise et intégrée que par une minorité. Mettre en avant les questions prioritaires.
Qu’est-ce que la vie ?
Où sont les vraies priorités ? La bourse ou notre survie ?
Avons nous des devoirs envers notre planète mère ?
Avons nous le droit d’ignorer nos responsabilités…???
Nn.

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